Railfanning au Québec
Les simulateurs
Dans cette page, nous vous décrirons les principaux simulateurs ferroviaires sur le marché. Nous essaierons d'en faire une description la plus objective possible, bien l'objectivité pure n'existe pas!
Nous parlerons de

Microsfot Train Simulator
MSTS a l'honneur d'être le premier "vrai" simulateur à voir le jour. En fait, même s'il porte le nom de Microsoft, ce simulateur a été développé par Kujo, un éditeur réputé de jeux pour la plateforme PC.

Le logiciel est très bien fait, pour les joueurs. Si vous êtes du genre à vouloir développer vos propres tracés, oubliez MSTS, ou soyez très patient. Le processus est tellement long et complexe, que des gens s'y adonnent à temps plein, et en vivent!

MSTS

Même si après une longue dispute entre Microsoft et Kujo, la version 2 n'a jamais vu le jour (et ne le verra jamais), plusieurs dizaines de nouvelles routes ont été développées par d'excellentes compagnies, notamment Maple Leaf Tracks pour les territoires canadiens. La variété de matériel roulant s'accroît toujours. Par contre, le moteur 3D demeure le même, et l'évolution rapide des cartes vidéo depuis ce temps nous fait voir les possibilités de MSTS de plus en plus minces. Le déplacement dans le jeu, les effets de particules et le point de vue de caméra nous semblent de plus en plus simplistes, lorsqu'on voit le reste des jeux à réalité virtuelle avancer.

Malgré tout, MSTS demeure un simulateur très intéressant, et la sortie constante de nouvelles routes continue de garder la communauté d'adeptes de ce simulateur au rendez-vous.


Trainz Railroad Simulateur
En 1999, la compagnie australienne Auran met sur le marché, quelques mois avant que Microsoft ne sorte MSTS, un logiciel dont le but est de créer un modèle réduit informatique et de se promener sur le réseau miniature avant de le construire. Les outils de mesures ne sont pas très utiles, mais en revanche, le moteur 3D est assez impressionnant. Drôle de mélange! En 2002, coup de théâtre: MSTS annonce qu'il n'y aura pas de suite à son Train Simulator. Auran saute alors à pieds joints dans l'aventure. C'est alors que naît Ultimate Trainz, suivi de près par Ultimate Trainz Collection. Un bon logiciel, dont la construction d'une route est d'une simplicité enfantine. mais les possibilités du logiciel demeurent minces. Une petite perle se cache cependant au coeur de ce nouveau né: le langage de programmation TrainScriptz.

En 2004, Auran arrive avec Trainz Railroad Simulator. Tous les ingrédients sont réunis pour qu'Auran prenne la tête du monde des simulateurs. Le moteur 3D (baptisé Jet) est presque impeccable, le module Surveyor permet de créer plusieurs milles de voie ferrée avec montagnes, bâtiments, et tout en moins d'une heure. De plus, on peut exporter des cartes 3D de tout le territoire canadien (et d'ailleurs dans le monde) et reproduire, à l'échelle, et avec une exactitude à faire rougir un cartographe, n'importe quelle partie du territoire. Il ne reste qu'à placer les voies et les bâtiments!

Le langage de programmation TrainScriptz permet de faire faire ce qu'on veut aux trains. On possède 7 "mécaniciens" de trains qui peuvent faire circuler autant de train, et même sauter d'un train à l'autre. Finalement, le moteur 3D Jet permet de se déplacer n'importe où dans le jeu ou à l'intérieur des locomotives. Par exemple, on peut conduire la locomotive, entrer dans le triage, "sauter" en dehors de la locomotive, "marcher" jusqu'à l'aiguillage. Une fois le train passé, on tourne l'aiguillage, on fait reculer le train, puis on "saute" sur le dernier wagon qui recule, pour guider la manoeuvre d'accouplement. Un vrai serre-frein ne ferait pas mieux!

Auran met aussi sur pied un brillant système de téléchargement des fichiers. Les téléchargements se font à partir du jeu comme tel, et tous les "morceaux" requis s'installent d'eux-mêmes. De plus, les objets 3D de TRS sont faits à partir d'un logiciel de dessin 3D gratuit, 3D GMax. Rapidement, le site d'Auran regorge de plus 100 000 ajouts de toute sorte, des locomotives aux arbres en passant par les usines et les personnages. Il y a même le Stade Olympique et un drapeau québécois animé! Sans compter tout le matériel roulant canadien, des locomotives de manoeuvre vert or du CN aux plus récentes CP avec le castor doré, en passant par VIA Rail, le MMA et le QGRY!

Note: l'image ci-bas représente une vue panoramique étalée sur deux écrans.

TRS2004

Le langage TrainScriptz est un langage ressemblant au C++. Mais pour le joueur qui ne s'y connaît pas en programmation, plusieurs dizaines d'icônes permettent de créer presque toutes les tâches possibles. Il suffit de draguer! Par exemple, on peut dire à un train: va à la Gare Centrale, prends les passagers de la plateforme 16, attends 13 minutes, va à la Gare X, fait descendre les passagers, et ne repars pas avant que le train A soit arrivé. Les possibilités sont infinies. Toute cette programmation peut se faire avant une session, ou pendant celle-ci, au fur et à mesure. Le téléphone sonne? En un seul clic de souris, vous pouvez vous faire remplacer par un conducteur virtuel et lui dire d'apporter votre train à un endroit précis du territoire. Prenez alors tout votre temps pour répondre à votre appel!

De plus, plusieurs usines sont animées: on voit vraiment les arbres se faire couper au chantier, les wagons sont réellement chargés par un tracteur muni d'une pince à tronc d'arbre, le minerai, et le port sont aussi animés. Sans oublier le "chauffeur" des locomotives à vapeur qui pelte du charbon pour de vrai dans le foyer de la locomotive! Quelques dizaines d'animations sont possibles.

Il y aussi un système de gestion des marchandises («waybills») intégré. Vous décidez à quelle fréquence une usine produit ou consomme une matière, ainsi que la capacité de chaque wagon. L'ordinateur se chargera de vous informer si une usine déborde, ou, au contraire, si elle doit être approvisionnée. Reproduire la réalité devient réellement un jeu. Il ne vous reste qu'à choisir si vous vous en chargez vous-même, ou si vous envoyez un conducteur virtuel le faire.

En 2006, Auran lance TRS2006. Le moteur 3D Jet est légèrement amélioré. Pourquoi légèrement? Parce que le Jet peut faire chauffer n'importe quelle carte vidéo à 800$! Depuis la version 2004, on peut même jouer jusqu'à trois écrans vidéo, ce qui permet de voir en avant et sur les côtés de la locomotive en même temps, en plus d'une vue ultra panoramique avec les caméras extérieures.

TRS2006 est tellement volumineux qu'il est livré sur DVD, ou 5 CD. Mais si c'est le même moteur (ou presque) que la version TRS2004, qu'est-ce qui prend autant d'espace? Voilà la philosophie d'Auran: pour la version TRS2006, Auran a acheté les produits de meilleurs concepteurs de la communauté de TRS. En plus de donner un énorme plus-value au produit, ce coup de marketing est aussi un puissant stimulant pour la communauté, qui s'est mis à augmenter la production de matériel de qualité de façon considérable.

Une autre nouveauté de TRS2006: les iPortal. Ils permettent "d'envoyer" un train sur le réseau d'un ami, ou de "générer" un train de façon aléatoire. Selon Auran, la prochaine étape sera de jouer en direct via le net. Les "Artificial intelligence" (conducteur virtuel) seront remplacés par de véritables joueurs du net.

TRS2006 est maintenant disponible pour le Mac, ce qui en fait le tout premier simulateur (et le seul, pour le moment) à s'étendre sur cette plateforme. Le langage TrainScriptz est déjà multiplateforme, ce qui va faire augmenter la quantité d'objets (route, matériel roulant et scénario) disponibles.

Mais TRS2006 a-t-il un point faible? Oui. TRS2006 couvre toutes les époques, et toutes les régions du globe. La physique du matériel roulant en souffre alors un peu. De ce côté, si on possède les connaissances nécessaires, on peut éditer un fichier texte qui contient les données de physique, tout comme dans MSTS. Les conducteurs virtuels ne sont pas toujours aussi compétents qu'on aimerait bien. Il faut parfois user de stratégie pour leur faire faire ce qu'on veut! De plus, le jeu étant à architecture ouverte, on peut en déduire que n'importe qui peut faire n'importe quoi. Ce qui est vrai, sauf qu'Auran garde un contrôle serré sur son site de téléchargement. Lorsque vous achetez le logiciel, un numéro vous est automatiquement attribué. Ce numéro vous suivra toute votre vie. Donc, en téléchargeant, on peut facilement éviter les numéro de ceux qui ont mauvaise réputation. Heureusement, ils demeurent peu nombreux, car dans cette jungle, tout le monde tente d'épater la galerie!

Bref, TRS2006 a pris le haut du pavé et Auran compte bien y mettre les efforts nécessaires pour y rester!


TrainMaster
TrainMaster est un logiciel pratiquement aussi âgé que MSTS et TRS. Ses débuts ont été assez modestes, en DOS. On y voyait le profil d'une voie ferrée, et les cadrans au bas de l'écran. Puis, une interface "à la MSTS" a vu le jour en 2001. La grande force de ce logiciel, c'est la fidélité avec laquelle le comportement physique des locomotives est reproduit. MSTS et TRS arrivent bon deuxième dans ce domaine.

TMTS

Mais là s'arrêtent les avantages de TM. Impossible d'y ajouter des routes, et très peu d'imprévus au programme. Les joueurs s'en lassent rapidement. Puis, en 2003, P.I. Engineering, fabricant de la console RailDriver, achète les droits de TM. Le logiciel devient alors TrainMaster Train Simulator, TMTS. Après plusieurs faux espoirs, on annonce la sortie du logiciel pour mai 2006. On nous promet un logiciel supérieur à tout ce qui existe, avec, en prime, la possibilité d'importer les routes de MSTS! À quelques jours de la date promise, c'est plutôt une nouvelle décevante qui arrive. P.I. Engineering annonce la fin du développement de TrainMaster. La dure réalité frappe de nouveau. Le marché des simulateurs ferroviaires est très limité.


Train Disptacher
Bien que ce soit un simulateur ferroviaire, vous ne conduirez pas de locomotive dans ce logiciel. Train Dispatcher, édité par SoftRail, comme son nom l'indique, est un logiciel de simulation de Commande Centralisée de la Circulation (CCC, ou «CTC» en anglais).

Train Dispatcher

Dans Train Dispatcher, vous êtes le contrôleur de la circulation ferroviaire (CCF). Les trains sont générés selon un horaire qui peut, parfois, être très approximatif. C'est donc à vous que reviennent les décisions de:

  • Décider à quelle voie d'évitement la rencontre entre deux trains aura lieu, ce qui permettra le plus court temps d'attente pour chacun des trains;
  • Faire remplacer les équipes de train dont le temps de service permit par la loi achève (et les équipes de train ne badinnent pas avec ça: dès que leur heure est expirée, le train arrête. Même si vous appelez l'autre équipe sur le champ, elle peut mettre pas mal de temps à se rendre au train (en taxi). Mieux vaut prévenir!);
  • Trouver le chemin le plus efficace sur les territoires à voies multiples.

En plus de cela, vous devez tenir compte des priorités des trains. Un train passager n'a pas les mêmes restrictions qu'un train marchandise. De plus, les arrêts des trains passagers peuvent nuires grandement à vos plans si vous ne les avez pas pris en compte.

À la longue, le jeu peut devenir lassant car une répétition s'installe vite. Mais ça, c'est sans compter sur les imprévus! Selon vos réglages, un aiguillage peut cesser de fonctionner, tout comme un signal, et ce, aléatoirement. Évidemment, ça se produit toujours au mauvais moment... Vous devrez donc demander à l'équipe de train de tourner l'aiguillage manuellement, en plus d'envoyer une équipe d'entretien pour remettre l'aiguillage ou le signal en fonction le plus tôt possible. Comme dans la vraie vie, l'équipe d'entretien peut mettre un temps considérable à se rendre sur les lieux s'il se trouve loin de leur point d'attache.

Le logiciel simule aussi les boîtes chaudes et les pièces traînantes, lorsqu'un train passe sur un détecteur. Bref, il est très facile d'avoir de bonnes doses de sueurs avec ce jeu, pourtant si simple et si petit (moins de 3 Mo). D'ailleurs, pas besoin de carte vidéo 3D pour y jouer!

Plusieurs territoires québécois pour Train Dispatcher sont disponibles ici.

Si vous désirez faire votre propre territoire, il vous suffit d'acquérir Track Builder, de SoftRail.


RailDriver
La console RailDriver n'est pas un simulateur. C'est la reproduction, assez fidèle d'une console de contrôle de style «Desktop». Cette console est manufacturée et vendue par la firme P.I. Engineering, un fabricant d'interfaces pour ordinateur.

RailDriver

La console RailDriver est totalement compatible avec TRS2004, TRS2006 et Train Master. Elle est aussi utilisable avec MSTS, mais fonctionne de la façon suivante: on doit faire démarrer MSTS à partir du logiciel de la console RailDriver. Puis, une fois MSTS lancé, la fonction «Head-up Display» apparaît. La console va alors "lire" les données à l'écran, grâce à un module de reconnaissance de texte. Elle va ensuite simuler les commandes du clavier pour que les manettes de la locomotive correspondent aux positions des manettes de la console. Par exemple, en plaçant la manette des gaz à moitié de la course, la console RailDriver va simuler les touches du clavier jusqu'à ce que la puissance de la locomotive soit à 50%. Ça fonctionne, mais il y a bon délai entre l'action sur la manette et la réaction du simulateur. Et pour des performances optimales, vous devez disposer d'une très bonne carte graphique, puisque le fonctionnement repose sur la reconnaissance des caractères. Il y a aussi quelques désagréments, comme lorsqu'une enseigne rouge passe vis-à-vis des affichages du «head-up display», la reconnaissance des caractères ne se fait plus (lettres rouge sur enseigne rouge) et des bizarreries se produisent. La console RailDriver fonctionne directement avec les autres simulateurs, sans se servir de la reconnaissance de texte. Dans ces cas, le rendement de la console est toujours bon à 100%.

Lorsqu'on a goûté à la RailDriver, on ne revient plus en arrière. On oublie même les commandes du clavier après 2 semaines! L'intégration dans TRS est particulièrement bien réussie, puisqu'on peut contrôler les caméras, "sauter" d'un train à l'autre instantanément et contrôler pratiquement tous les paramètres du simulateur grâce aux deux rangées de boutons bleus situées en avant de la console. Tous les boutons et manettes de la console sont 100% paramétrables. On n'a qu'à ouvrir l'utilitaire CabMaker, assigner les fonctions aux boutons voulus, puis sauvegarder nos préférences. on peut créer autant de fichiers de préférence qu'on le veut.

Si vous n'avez pas peur d'éditer un fichier interne de Windows, on peut même changer des paramètres pour un comportement complètement farfelu. Par exemple, on pourrait actionner les essuies-glaces avec la manette des gaz, se servir de la manette du frein indépendant pour sauvegarder la partie en cours ou appuyer sur le klaxon pour monter le pantographe d'une locomotive électrique! Les possibilités sont infinies.

Ma console RailDriver fut parmi les 100 premiers exemplaires fabriqués, il y a 5 ans. Elle tient toujours la route, et de façon impeccable. La base du châssis est en métal. Les commandes sont en plastique, et s'il n'y pas d'abus, ils résisteront pendant de très longues années.

La console RailDriver se détaille 150$ US.

Pour les vrais mordus au portefeuille bien garni, P.I. Engineering fabrique aussi le «AAR 105 Stand», une réplique grandeur réelle d'un poste de contrôle de locomotive. Tout est fonctionnel, des manettes jusqu'aux cadrans. Deux prises USB le relit à l'ordinateur. Cependant, ce poste n'est pas adapté aux simulateurs sur le marché, mais ça ne saurait tarder. On peut le connecter à un ordinateur via l'interface ReDAC, elle aussi fabriquée par P.I. Engineering, pour 350$ US. Un kit pour développeur est aussi disponible, mais parions que la compatibilité avec les simulateurs existants ne saurait tarder. La version tout équipée du «stand» vaut 6000$ US, mais il vous est possible d'acheter les composantes pièce par pièce pour vous en fabriquer un vous-même. Il ne vous manque que le devant de locomotive en fibre de verre, un bon projecteur vidéo, et vous voilà en route pour de longues heures de travail virtuelles, dans votre sous-sol!

AAR 105 Stand

La console RailDriver tout comme son grand frère, le «AAR 105 stand», sont aussi compatibles, via un ordinateur et un logiciel fait par Kam Industries, avec le système de commande DCC, pour vous permettre de contrôler vos trains miniatures.


L'Ultime simulateur
On peut toujours rêver, mais l'ultime simulateur aurait comme possibilités:

  • La précision des routes de MSTS;
  • La convivialité et les fonctions 3D de TRS;
  • La reproduction des physiques de TMTS;
  • La possibilité de faire des «LAN Party» pour jouer à plusieurs via le net;
  • L'intégration de Train Dispatcher pour que le contrôle du jeu soit fait par un être humain;
  • La reproduction d'une cabine de locomotive, munie du «AAR 105 Stand» avec images vidéo projetées sur le mur d'en avant pour un réalisme accru.

On peut toujours rêver!!